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Carnet de Voyage - Porto

Retour sur 10 jours de vacances à Porto, durant la deuxième quinzaine d’Aout 2017*.

*Certains disent qu'il n’est jamais trop tard.

Pour le trajet et les déplacements, nous avons choisi l’avion, et les transports en commun sur place. Il n’y a pas de vol au départ de Marseille. Passage obligatoire en région parisienne donc, où nous laissons troll #3 à belle maman, avant de décoller. Direction « le pays de mes origines ».


Premières impressions : « Alors, Porto c’est comment ? »

Au premier abord, c’est… déroutant.

Nous louons un appartement via AirBnb, dans une rue à 10mn à pied du centre historique de la ville, où, après quelques déboires et problèmes de compréhension avec notre contact, nous posons enfin nos valises. A noter que si, comme nous, vous avez du temps à tuer entre votre arrivée, et la remise des clés, vous pouvez laisser vos bagages dans pas mal de petites boutiques, qui font aussi consigne.

Ma première impression est mitigée. Les facades du quartier sont souvent marquées par les années, les rues sont en travaux, entre maisons condamnées et celles rénovées, souvent dédiées à la location touristique.

Et là, de suite, comme le dit ma belle : « C’est un peu le bled de l’Europe en fait ?! ».

Vient la première balade avec les enfants jusqu’au Duro, le fleuve qui traverse la ville. Les rives du fleuve et le centre historique, bien que bondés de touristes*, sont vraiment jolis…

*Comme toi non ?

Il y règne une certaine douceur de vivre. C’est peut-être dans la lumière, l’architecture attachante, finalement, ou les rues piétonnes sur le retour. Je ne sais donc pas réellement pourquoi, mais la ville m’est plutôt agréable. 


Activités

Très bien, nous voilà donc à Porto. Mais maintenant, on y fait quoi ? Et surtout, on y fait quoi avec deux trolls de 9 et 4 ans ?

Au risque d’en faire hurler certains, nous ne sommes pas trop « visites de monuments ». J’ai beau prétexter que de toute façon les enfants n’aiment pas, c’est moi que cela ennuie. Comprenez: J’aime beaucoup la vieille pierre. Mais de loin. Et l’Histoire derrière… je préfère m’inventer les miennes. Sachez seulement que si les visites de lieux historiques sont un indispensable pour vos vacances, il y a largement de quoi faire à Porto !

Et donc, à part les monuments ? Les parcs pardi ! D’abord, il y a du vert. Et j’aime le vert. Ensuite, les enfants peuvent courir, crier et sauter… Et surtout: le vert ! Je vous ai dit que j’aimais le vert ?


Jardin du Palais de cristal

Il y a d’abord le parc du Palais de crystal. Du palais lui-même, il ne reste rien. Il fut rasé, pour laisser la place au Pavillon Rosa Mota, un immonde dôme de béton qui donne là aussi l’impression d’être à moitié à l’abandon.

Mais le parc lui, vaut vraiment le détour. Pour ses magnifiques jardins, et la vue imprenable sur le fleuve et sur le pont Arrábida

Pour vous y rendre depuis le centre ville… le plus agréable reste la marche !

La vue depuis le parc


Parque de Cidade do Porto

Le Parque de Cidade est, des parcs visités, sans doute mon préféré. D'abord parce qu'il est immense, et qu'on y croise finalement peu de monde. Ensuite parce qu'il est entretenu juste ce qu'il faut se sentir dans un endroit naturel. Enfin parce qu'il est sur la route pour aller jusqu'à l'océan.

Un lieu vraiment agréable, parfait pour un pique-nique avant d’aller à la plage.

Depuis le centre ville, prenez la ligne de bus 502. Descendre ensuite à l’arrêt « Parque da Cidade ». Facile.

Petit bonus avec les bosquets d'eucalyptus, qui dégagent une odeur puissante et rassurante.


Jardim do Morro et Vila Nova de Gaia

Le Jardim do Morro est un tout petit jardin, très attachant. Perché sur la rive gauche du Duro, c’est un point de vue parfait sur la vieille ville, et le pont Luis I.

Situé à deux pas du métro (ligne D), et sur la route pour Vila Nova Gaia. Ce parc est également au pied du Mosteiro da Serra do Pilar juste en face. A voir de l’extérieure sans aucun doute. Mais la visite, payante, ne nous a pas vraiment inspiré.

Du jardin, nous descendons donc vers le fleuve, à Vila Nova de Gaia. Les rues ici sont plus calmes qu’en centre ville et un brin plus authentiques. On y trouve de nombreuse boutiques, moins « attrape touriste », avec un peu plus d’âme sans doute, et surtout plus abordable.

Et pour les amateurs, c’est aussi ici le quartier des caves à vin de Porto, et on y trouve de quoi grignoter sur les quais.


Plages et front de mer

Côté plage, attention. Il vous faudra du sang breton pour en profiter. L’air y est frais, et l’eau plus encore. Bien que très au sud de nos côtes atlantiques, le littoral ne bénéficie pas ici des bienfaits du Gulf Stream. Une eau à 15° en plein mois d’Aout, ca pique ! Rien qui n’aura empêché les enfants d’aller se faire secouer dans les vagues toutefois. Oui, parce que ça remue fort en plus de cailler. Il faut aimer l’eau on vous dit !

Et si la relative fraicheur vous pousse à profiter des rayons du soleil, ceux-ci n’en sont pas moins mordants ! Look de touristes allemands*(5) garanti le soir en rentrant. Prévoyez donc directement la crème solaire. Cela vous évitera de passer par la case « après soleil » et « nez qui pèle ». -oui, c’est du vécu. 

Non loin des plages, il y a le Sealife. Un très bel aquarium, apprécié des enfants comme des parents, mais qui laisse un goût de trop peu: La visite est courte… pour le prix.

De l’aquarium, direction le fleuve. 3km de marche, le long du front de mer. La promenade est très bien aménagée, avec de nombreuse haltes possibles dans les jardins et parcs pour troll. Et une fois arrivés à l’embouchure du Duro, retour en centre en ville en bus, ou en tramway.

La route qui serpente le long de la rive est un passage obligatoire. 5km de trajet, la tronche collée à la vitre du bus, à regarder le fleuve et ses rives, bercé par les annonces automatiques, et les discussions des locaux. «Próxima paragem… Fluvial ».

Et oui, nous avons eu droit à quelques magnifiques « fodès ».


A éviter 

 « Et sinon, des trucs à éviter ? » 

 Du côté des activités / visites… oui. Le principal piège dans le quel ne pas tomber : la « croisière » sur le Duro. Enfin la croisière oui.. Si vous avez les moyens, et pas d’enfants. Mais la barcasse à touriste, payée prix d’or, pour 35mn sur le fleuve, non. Prenez le bus, vous aurez quasi la même vue pour le 1/10ème du prix. Et gardez ce que vous aurez économisé pour un restaurant.

Le Majestic . Difficile de parler de piège ici. Déjà, car je n’ai pas réellement testé. Ensuite, parce que le contrat est clair dès le début. C’est chic. Mais les mecs en costume à l’entrée, la file d’attente d’une bonne vingtaine de minutes, et les prix affichés ont eu raison de notre motivation. Pas sûr non plus que ce soit un endroit où se poser avec des enfants.

La Librairie Lello, réputée pour être l’une des plus belles librairie au monde, et supposée avoir inspirée J.K. Rowling. Un peu le même constat que pour le Majestic. L’endroit est, vu de dehors, sublime. Il l’est sans doute au moins tout autant une fois à l’intérieure. Mais payer pour avoir le droit de rentrer dans une librairie blindée comme le métro parisien un jour de grève… « Mmmmm j’sais pas ». Dommage sans doute. 

Marché de BolhaoLe mois d’Aout n’est peut-être pas le meilleur moment pour y venir. Le marché « local » n’est pas si typique que cela. Difficile de critiquer l’exploitation du tourisme lorsque c’est justement ce qui nous amène là. Mais le constat est clair. Les stands sont pour majorité converts de souvenirs, et diverses production « locales de chine ».


Et à Porto, on mange comment ?

D’abord, l’avantage de ne pas être à l’hôtel, c’est de pouvoir se faire ses propres repas et petits dej’. Et pour ça, vous pouvez comptez sur les innombrables « Pingo Doce ». L’équivalent de nos Monoprix, la néphrectomie en moins au passage en caisse. La chaine sera également notre fournisseur officiel de pique nique de blédards durant le séjour.

Et pour le "goûter" de dix-neuf heure ? C’est morue ! A la Casa português do pastel do bacalhau. Donc oui c’est de la morue, et c’est terriblement bon ! Contentez vous des beignets par contre. Le prix des boissons y est prohibitif.

Et puisque vous êtes frustrés, comme nous, de ne pas avoir goûté aux pâtisseries du Majestic, pourquoi ne pas faire un tour à la Confetaria de Bolhoa ? Le décors y est sans doute moins impressionnant. Mais les patisseries sont délicieuses, accompagnées d’une grande carafe de jus d’orange pressées, et à un tarif plutôt doux. Comptez une quinzaine d’euros pour nous quatre, avec les boissons chaudes.

Côté restaurants, si vous êtes en manque de Burgers, il y a le O’Maria. Un petit restaurant au style et à la cuisine épurée, à 5 minutes du centre ville. Les burgers ne sont pas énormes, mais très bons, et servis soit par deux, soit accompagnés d’une soupe ou d’une salade, en plus de chips. Mention spéciale pour le burger à la sardine ! 

Et comme c’est les vacances… Double ration de burgers ! Taïwanais cette fois, et au Bao’s. Une agréable découverte. Mais pas incontournable.

En revanche… le Tito 2 , c’est LE restaurant du séjour ! Ici, c’est poissons et fruits de mer, frais, archi frais, et divinement préparés. De l’entrée au dessert, rien à redire. Le service y est également impeccable. Gambas sauce à l’orange en entrée, Daurade grillée, seiches, et sardines pour les plats, et nous concluons, au bord de l'explosion, par une mousse au chocolat et une pomme au four à la cannelle… Heureusement, le serveur était là pour freiner nos ardeurs au moment de la commande !


Transport

Pour les moyens de locomotion, nous avons donc choisi l’option transports en commun. La ville est plutôt bien desservie en bus, et nous ne nous sommes jamais sentis « coincés ». Et puis le rythme imposé par le bus nous va très bien.

Nous louerons malgré tout une voiture la veille de notre départ. Notre avion étant prévu de très bonne heure, ce n’était pas compatible avec les horaires du métro. L’occasion d’aller faire un tour du côté de l’Outlet du coin.

Côté tarif, comptez 1.90 le trajet de bus. Il existe des cartes, qui sont sans doutes plus économiques si vraiment vous bougez beaucoup, ou si vous prenez également le métro. Nous n’en avons pas eu besoin. Les tramways, surtout la ligne 1, funiculaire, et téléphérique sont à faire au moins une fois. C’est une façon agréable de voir la ville, qui plait beaucoup aux enfants. 


Et les enfants ? 

Et du côté des trolls justement, ça se passe comment ? Le bus est gratuit pour les moins de 3 ans, et les chauffeurs sont peu regardant sur l’age.

Pour le funiculaire et le téléphérique, c’est gratuit jusqu’à 4 ans.

Porto n’en reste pas moins une ville «difficile » pour les mollets des petits bouts. Ou pour les épaules des parents. Beaucoup de marche au programme, et la poussette n’y est pas forcément adaptée.

Avoir des minots, c’est aussi vivre un peu en décalage par rapport au rythme des locaux. Le soir, les choses commencent à bouger à partir de 21:00. Pas avant. Le bon côté, c’est que qu’au moment de se mettre à table, nous avions les restos pour nous seuls.

Pour les activités, la plage reste ce qu’ils nous réclamaient le plus.

Le Sealife est à faire, ainsi que le World of discoveries. Pour le reste, ils ne sont pas bien compliqués. Tant qu’ils peuvent courir et se défouler un peu… Et dans l’ensemble, je pense que l’ambiance et le rythme leur a plus.

Et donc, conclusion ?

10 jours sans voiture, bloqués en ville… Ca peut sembler long. Mais avec deux enfants, et le rythme forcément plus « light », c’était parfait. Et puis c’est l’occasion de prendre le bus, d’éviter les gros super marché, et de ralentir un peu le rythme.

Rien à redire sur l’appartement en lui même. Le côté «minimaliste » de l’équipement est une petite révélation. On peut faire presque aussi bien, avec beaucoup moins. Et sans doute un prenant un peu plus son temps. Mais ce n’est pas grave, c’est les vacances !

L’emplacement aurait été parfait pour un city break. Mais pour une dizaine de jour, il aurait sans doute mieux valu louer plus proche de l’océan. Histoire de laisser les enfants profiter plus souvent de l’eau à 15°. 

Au final, Porto est une ville attachante. Son rythme, la douceur de son climat, et son côté hipster city y sont pour beaucoup. Une ville qui compte encore parmi ses commerçants, quelques barbiers et petits salons de coiffures indépendants, des antiquaires, de petits cavistes… Et où l’on croise encore pas mal de vieilles bécanes. Attention hein, de la vraie vieille moto. Pas de la préparation à 15K€ sur base de BMW R80. 

Il faut simplement espérer qu’elle réussisse à conserver son âme, et ne pas trop céder aux sirènes de la gentrification. Difficile de lui en vouloir toutefois, lorsque l’on y a séjourné 10 jours en AirBnB. Et c’est là tout le paradoxe…